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Revue de presse

Texte repro­duit avec l’aimable auto­ri­sa­tion de

Un ex-indépendant sans ressources se voit privé de toute aide publique

Article d’Eric Budry
Publié dans la TRIBUNE DE GENÈVE, Genève, 4-5 sep­tembre 2010

Un ex-indépendant sans ressources se voit privé de toute aide publique

Tombé en faillite à cause d’une his­toire d’assurance mala­die, un cin­quan­te­naire se retrouve sans loge­ment et sans aide financière.

Bienvenu chez Kafka !

François (pré­nom fic­tif) n’a plus de loge­ment, n’a pas droit aux indem­ni­tés chô­mage et l’aide sociale vient de lui être refu­sée. Ne lui reste pour sur­vivre que les amis et l’aide accor­dée par l’association Euphoria, un orga­nisme qui sou­tient des per­sonnes en difficulté.

Ancien patron d’une agence de com­mu­ni­ca­tion, la cin­quan­taine bien enta­mée, ce Suisse n’a pour­tant pas le pro­fil du nou­veau pauvre : de l’énergie à revendre, du savoir-faire et la « tchatche » indis­pen­sable pour rem­por­ter des man­dats. À se deman­der quelles tuiles ont pu lui tom­ber sur la tête pour qu’il se retrouve aus­si démuni.

La pre­mière tuile est tom­bée en 2007 alors que les affaires de François allaient cahin-caha. Selon lui, c’est « l’acharnement » du Service de l’assurance mala­die de l’État à le faire chan­ger d’assurance qui a pro­vo­qué ses déboires. Ce ser­vice a en effet exi­gé qu’il quitte sa caisse fran­çaise, qui cou­vrait pour­tant la LAMal au moment où il l’avait contrac­tée. Le pro­blème, c’est que François avait payé les primes jusqu’à la fin de l’année. « J’ai uni­que­ment deman­dé un délai, explique-t-il. Et puis, fina­le­ment, j’ai quand même pris une autre assurance. »

Oui, mais entre-temps le Service de l’assurance mala­die avait déci­dé de lui impo­ser une autre caisse. « Je ne pou­vais pas payer les deux, se jus­ti­fie-t-il. Cette seconde assu­rance m’a mis aux Poursuites et je me suis retrou­vé en faillite. » Le bail des locaux de sa socié­té est ensuite rési­lié, et comme c’était là qu’il logeait, le voi­là sans domicile.

François s’inscrit au chô­mage. Son sta­tut d’indépendant ne lui donne tou­te­fois pas droit aux indem­ni­tés. En revanche, il doit suivre un cours de recherche d’emploi, qu’il qua­li­fie de perte de temps car inadap­té à son cas.

On le dirige logi­que­ment vers l’aide sociale que dis­pense l’Hospice géné­ral. Et là, une deuxième tuile tombe, très len­te­ment mais volumineuse.

Refus de l’aide sociale

En 2008, il s’adresse au Centre d’action sociale et de san­té des Pâquis en vue de consti­tuer son dos­sier. Un très long et dif­fi­cile tra­vail, des papiers sup­plé­men­taires lui étant sans cesse deman­dés. « Alors que cela allait abou­tir, il y a eu un chan­ge­ment d’assistant social, et il a fal­lu presque tout recom­men­cer », se sou­vient-il. Le 20 mai 2010, soit près de deux ans plus tard, la déci­sion tombe : l’aide finan­cière est refu­sée faute d’avoir pu prou­ver que François n’exerçait réel­le­ment plus aucune activité.

« Je ne suis pas un escroc, assure-t-il. Je ne gagne réel­le­ment plus rien. J’aimerais que quelqu’un m’explique com­ment consti­tuer un dos­sier. Je veux éclair­cir cette situa­tion avec l’Hospice car l’aide sociale est un droit. »

Eric Budry
Tous droits réser­vés, Tribune de Genève, 4-5 sep­tembre 2010

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