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Lectures conseillées

Nous vous pro­po­sons ici quelques lec­tures conseillées, la plu­part en lien avec notre phi­lo­so­phie, nos pres­ta­tions et nos acti­vi­tés. Nous pré­voyons d’ac­qué­rir ces ouvrages pour notre biblio­thèque selon les res­sources dis­po­nibles. Vous pou­vez éga­le­ment nous les offrir comme dons maté­riels, en contre­par­tie, comme pour les dons, d’une attes­ta­tion fis­ca­le­ment déduc­tible. Pour en savoir plus, n’hé­si­tez pas à consul­ter les dif­fé­rentes pages dédiées ou contac­tez-nous.

Approche psy­cho­thé­ra­peu­tique des psy­choses : Un lien pour che­mi­ner au quo­ti­dien
Ouvrage col­lec­tif, sous la direc­tion de Dag Söderström & Philippe Conus
Éditions RMS | 30 mai 2021
ISBN-13 : 978-2-880-49467-4 | ISBN-10 : 2880494672

Par crainte et par mécon­nais­sance, les approches psy­cho­thé­ra­peu­tiques des troubles psy­cho­tiques sont trop sou­vent mises de côté, alors même que les patients témoignent de plus en plus de leur besoin vital d’être écou­tés et com­pris dans leur recherche de sens à cette expé­rience. La posi­tion psy­cho­thé­ra­peu­tique, qui met au centre du soin l’écoute de la per­sonne, est essen­tielle dans tous les par­cours en psy­chia­trie ; pour­quoi est-elle sou­vent consi­dé­rée comme impos­sible avec les patients pré­sen­tant une psy­chose ? Bien au contraire, comme démon­tré tout au long de cet ouvrage, elle est indi­quée dans la psy­chose, et la pen­sée psy­cho­thé­ra­pique peut et doit impré­gner tous les actes thé­ra­peu­tiques, quel que soit le lieu du soin. La psy­cho­thé­ra­pie dans ce sens ne se pra­tique pas seule­ment dans un cabi­net de psy­cho­thé­ra­peute : elle est aus­si une approche rela­tion­nelle glo­bale visant la construc­tion d’un lien pour che­mi­ner au quotidien.

« Le trai­te­ment des psy­choses s’est dans beau­coup d’endroits res­treint à la pres­crip­tion de neu­ro­lep­tiques et au sou­tien social visant avant tout la sta­bi­li­sa­tion d’une situa­tion consi­dé­rée comme inévi­ta­ble­ment chro­nique » : cet ouvrage a pour objec­tif de mon­trer que la pen­sée psy­cho­thé­ra­peu­tique peut impré­gner toute prise en charge, en visant la construc­tion d’un lien pour pro­gres­ser ensemble. Les dif­fé­rents modèles psy­cho­thé­ra­peu­tiques y sont pré­sen­tés (…) ; une par­tie traite des inter­ac­tions du stress [ou] du trau­ma (…) ; la sui­vante dis­cute la conduite de la thé­ra­pie dans les dif­fé­rents lieux de soins, de l’hôpital au domi­cile en pas­sant par les struc­tures ­inter­mé­diaires ; une autre évoque les limites des approches psy­cho­thé­ra­peu­tiques, par exemple en cas d’addictions, com­por­te­ments vio­lents et risques sui­ci­daires. La notion de par­te­na­riat soi­gné-soi­gnant ­imprègne tout le livre : « Nous insis­tons sur le fait que le psy­cho­thé­ra­peute ne doit pas savoir, ne doit pas devi­ner, et qu’il doit plu­tôt che­mi­ner avec le patient et oser, avec ce der­nier comme guide, contour­ner les obs­tacles. » Une inté­res­sante sec­tion traite des pairs pra­ticiens en san­té men­tale, une de la collabo­ration avec les proches.

Ce guide de for­ma­tion, fruit du tra­vail de 35 psy­chiatres, psy­cho­logues, infir­mières et infir­miers, majo­ritairement du Département de psy­chia­trie du CHUV, pré­sente le vaste champ des approches psy­cho­thé­ra­peu­tiques des psy­choses en expo­sant les prin­ci­pales théo­ries et leurs appli­ca­tions cli­niques, illus­trées de manière concrète en s’appuyant sur des exemples cli­niques et des témoi­gnages. Agréable à lire, dénué de jar­gon, avec de nom­breuses vignettes cli­niques, cet opus est une contri­bu­tion sub­stan­tielle et bienvenue.

Note d’Euphoria

Comme sou­li­gné dans notre note ci-des­sous rela­tive à « La crise - Stratégies d’in­ter­ven­tion thé­ra­peu­tique en psy­chia­trie », les per­sonnes malades que nous accom­pa­gnons — aus­si bien souf­frant d’at­teintes soma­tiques que de han­di­caps psy­chiques ou men­taux — expriment de nom­breuses demandes dont cer­taines sont per­sis­tantes et récur­rentes : être consi­dé­rées comme indi­vi­dus à part entière, indé­pen­dam­ment de la mala­die, et recon­nues par­te­naires actifs dans leurs propres prises en charge et les pro­ces­sus déci­sion­nels ; avoir les infor­ma­tions sur la mala­die, les prises en charge, les outils thé­ra­peu­tiques et les moyens de res­tau­rer auto­dé­ter­mi­na­tion et auto­no­mie ; enfin, la néces­si­té de sen­si­bi­li­ser les équipes à leur vécu, et d’y impli­quer les familles et les proches. Ce par­te­na­riat s’est len­te­ment impo­sé comme une évi­dence dans les soins soma­tiques mais des résis­tances ins­ti­tu­tion­nelles ont long­temps exis­té en psy­chia­trie : peut-on évo­quer ses troubles avec la per­sonne qui en souffre sans que cela ne la per­turbe et les aggrave, peut-elle sai­sir la por­tée du mes­sage ? Il n’est pas vain de rap­pe­ler que la demande de com­prendre et d’être inté­gré dans le pro­ces­sus de soin émane bien des patients eux-mêmes, et pro­cède de ce même pro­ces­sus. Tout comme l’ou­vrage pré­ci­té, que nous évo­que­rons plus loin, celui pré­sen­té ici apporte plu­sieurs réponses et solu­tions, en met­tant par­ti­cu­liè­re­ment l’ac­cent sur le par­te­na­riat soi­gné-soi­gnant qui reste au cœur de tout.

Comprendre ce que nous vivons : À la recherche de l’art de vivre
Armen Tarpinian, pré­face de Bruno Viard
Éditions Chronique Sociale | Collection Comprendre la socié­té | 1 jan­vier 2016
ISBN-10 : 2367170916 | ISBN-13 : 978-2367170916

Entretiens avec Edgar Morin, Jacques Robin, Armand Petitjean, Bernard d’Estragnat, Basarab Nicolescu, Jean-Pierre Rosenczveig, Gérard Mendel, Alain Caillé, Yves Pélicier, Édouard Zarifian, Boris Cyrulnick, Philippe Meirieu, Charles Rojzman, André de Peretti, Roger-Pol Droit et Robert Misrahi.

Cet ouvrage revêt la forme d’un éven­tail en ce sens qu’il est consti­tué de dia­logues orga­ni­sés par Armen Tarpinian (alors direc­teur de la revue Psychologie de la Motivation) avec seize spé­cia­listes de dis­ci­plines aus­si diverses que la psy­cho­lo­gie et l’as­tro­phy­sique, l’é­co­lo­gie et l’é­co­no­mie, la péda­go­gie et la reli­gion, la méde­cine et la socio­lo­gie, la phi­lo­so­phie et le droit. Loin de se résoudre en éclec­tisme, ces dia­logues ont pour titre et pour pro­jet la trans­dis­ci­pli­na­ri­té, c’est-à-dire la remise en cause de l’a­to­mi­sa­tion des com­pé­tences qui pré­vaut tel­le­ment aujourd’­hui. Les traits d’u­nion comptent donc autant que les dis­ci­plines consti­tuées. L’auteur inter­roge tour à tour des spé­cia­listes recon­nus et expé­ri­men­tés, leur riche biblio­gra­phie en témoigne. Ils ne disent pas tout ce qu’ils savent, mais s’at­tachent à mettre en valeur la com­plé­men­ta­ri­té des diverses dis­ci­plines, en par­ti­cu­lier celles qui étu­dient le monde exté­rieur (éco­lo­gie, éco­no­mie, poli­tique, etc.) et celles qui sont liées au monde inté­rieur (psy­cho­lo­gie intime et rela­tion­nelle, sciences de l’é­du­ca­tion, psychothérapie).

Note d’Euphoria

Armen Tarpinian, psy­cho­pé­da­gogue, psy­cho­pra­ti­cien et réédu­ca­teur d’en­fants et d’a­do­les­cents en dif­fi­cul­té, éga­le­ment cofon­da­teur de la Fédération Française de Psychothérapie et Psychanalyse et membre du Centre International de Recherches et Études Transdisciplinaires, a été notam­ment pré­sident d’hon­neur de l’Association de Psychologie de la Motivation fon­dée par Paul Diel, et direc­teur, jus­qu’en 2008, de la revue de Revue de Psychologie de la Motivation. S’inscrivant en droite ligne dans la pen­sée de Diel, Armen Tarpinian — que nous avions ren­con­tré lors de plu­sieurs sémi­naires et qui nous avait pro­fon­dé­ment et dura­ble­ment mar­qués — a tou­jours mis en avant le dia­logue, la trans­dis­ci­pli­na­ri­té, l’é­du­ca­tion huma­ni­sante, la culture de la paix et de la non-vio­lence, valeurs por­tées par toute son œuvre. Il s’a­git-là de son der­nier ouvrage, impré­gné de l’ou­ver­ture d’es­prit dié­lienne, mais dont il ne ver­ra mal­heu­reu­se­ment pas la paru­tion, dis­pa­rais­sant en 2015 à l’âge de 92 ans.

La crise - Stratégies d’in­ter­ven­tion thé­ra­peu­tique en psy­chia­trie
Ouvrage col­lec­tif, en col­la­bo­ra­tion avec Jean-Nicolas Despland & Saskia von Overbeck, sous la direc­tion de Nicolas de Coulon
Seconde édi­tion revue et aug­men­tée
Éditions Antipodes & Gaëtan Morin | Collection Boîtes à outils | 25 mai 2021
ISBN-13 : 978-2-88901-193-3 | EAN-13 : 9782889011933

Tout évé­ne­ment cri­tique peut entraî­ner un trouble psy­chique ; du même coup, il indique les voies de la gué­ri­son. La crise psy­cho­lo­gique, si elle est trai­tée en connais­sance de cause, offre ain­si une oppor­tu­ni­té de chan­ge­ment. Telle est la spé­ci­fi­ci­té de l’in­ter­ven­tion thé­ra­peu­tique décrite ici.

Comme le sou­ligne Pierre Fedida en pré­face, celle-ci trouve « sa véri­table inven­ti­vi­té dans la per­cep­tion des confi­gu­ra­tions symp­to­males et de leurs scé­na­rios incons­cients ». La mise en œuvre des prises en charge éla­bo­rée est décrite de façon détaillée : début, milieu et fin des inter­ven­tions ; place des approches cor­po­relles et du tra­vail avec l’en­tou­rage ; carac­té­ris­tiques de la dyna­mique d’é­quipe et de la place de l’hô­pi­tal psy­chia­trique ; com­pa­rai­son avec les psy­cho­thé­ra­pies brèves ; appli­ca­tions aux diverses patho­lo­gies ; tra­vail avec les migrants…

S’adressant à des situa­tions d’ur­gence, ces stra­té­gies doivent gar­der une grande cohé­rence ; leur ancrage dans la psy­cha­na­lyse s’en porte garant. Cet ouvrage s’a­dresse aus­si bien aux équipes plu­ri­dis­ci­pli­naires de soins psy­chia­triques qu’aux psy­cha­na­lystes qui y trou­ve­ront de nou­velles voies thé­ra­peu­tiques, per­for­mantes, acces­sibles à tous et res­pec­tueuses de l’être humain.

Note d’Euphoria

Nous accom­pa­gnons et sou­te­nons — entre autres — des per­sonnes en situa­tion de han­di­cap psy­chique, en grande par­tie souf­frant de schi­zo­phré­nie, depuis 2004 par le biais de l’as­so­cia­tion Euphoria mais depuis les années 1980 dans le cadre de notre tra­vail indi­vi­duel de soi­gnants. Comme nous l’a­vons sou­li­gné dans la note pré­cé­dente rela­tive à l’ou­vrage « Approche psy­cho­thé­ra­peu­tique des psy­choses : Un lien pour che­mi­ner au quo­ti­dien » pré­sen­té plus haut, trois attentes au moins res­sortent tou­jours, sys­té­ma­ti­que­ment, de nos échanges avec les per­sonnes aidées : le besoin de consi­dé­ra­tion et d’é­coute, le besoin d’in­for­ma­tion et d’être impli­quées dans les déci­sions, enfin la demande de sen­si­bi­li­ser équipes, familles et proches au vécu et aux dif­fi­cul­tés ren­con­trées. Cet ouvrage, ici dans sa seconde édi­tion revue et aug­men­tée, apporte éga­le­ment pistes et réponses, notam­ment par le recours à des équipes plu­ri­dis­ci­pli­naires d’une part — la trans­dis­ci­pli­na­ri­té est l’a­ve­nir des soins et nous savons com­bien cette approche holis­tique (comme dans les anciens groupes Balint) est béné­fique à tous —, mais encore par la mobi­li­sa­tion de l’en­tou­rage d’autre part, déter­mi­nante dans le pro­ces­sus de rétablissement.

Éloge de la pen­sée pri­maire - Une psy­cha­na­lyste à la ren­contre de Donald Trump
Elsa Schmid-Kitsikis
Éditions L’Harmattan | Collection Études Psychanalytiques | 2 juin 2021
ISBN-13 : 978-2-343-23166-2 | EAN-13 : 9782343231662

Ce livre n’a pas voca­tion poli­tique. Donald Trump, homme d’af­faires à la per­son­na­li­té com­plexe, devient le pre­mier pré­sident amé­ri­cain n’ayant jamais exer­cé au préa­lable de fonc­tion poli­tique ou mili­taire. Ce qui l’a­nime : un besoin incom­men­su­rable d’être vu, recon­nu, adu­lé à par­tir d’un seul inves­tis­se­ment, la gran­deur de l’Amérique qu’il confond nar­cis­si­que­ment avec son propre désir de gran­deur. Réalité psy­chique qui inter­roge sa pré­sence dans l’his­toire des pré­si­dents des États-Unis, non en rai­son de ses mérites mais en rai­son de ses mul­tiples dys­fonc­tion­ne­ments, psy­chiques et poli­tiques qui ont han­di­ca­pé le cours de l’his­toire de son pays. L’indifférence aux attentes d’une pen­sée créa­tive, la vio­lence, l’exal­ta­tion des­truc­trice qui l’a­niment, ont ren­du son acti­vi­té de pen­sée mena­çante, objet de riva­li­tés meurtrières.

Mais aux yeux d’une psy­cha­na­lyste, Donald Trump n’en demeure pas moins une per­sonne qu’il faut consi­dé­rer comme telle. Son fonc­tion­ne­ment psy­chique convoque son his­toire infan­tile et le besoin qu’il éprouve à être consi­dé­ré, selon ses propres termes, comme un Américain « excep­tion­nel », « malin », « fan­tas­tique », « le plus grand du monde », un « génie ». Ses domaines de pré­di­lec­tion, la télé­réa­li­té, le men­songe et les contre-véri­tés, son désir d’être comme son père en plus grand, en plus riche, d’être un homme de pou­voir sans par­tage, entament la clar­té d’un par­cours de vie aux mul­tiples excès.

Elsa Schmid-Kitsikis, née à Athènes, est doc­teur en psy­cho­lo­gie, pro­fes­seur émé­rite de l’Université de Genève, membre titu­laire for­ma­teur de la Société psy­cha­na­ly­tique de Paris et de la Société Suisse de psy­cha­na­lyse. Autrice de nom­breux ouvrages (cer­tains tra­duits en plu­sieurs langues) dont W. R. Bion (1999/2009) ; La pas­sion ado­les­cente (2001) ; Survivre à la détresse, s’ou­vrir au désir (2016) ; Émoi sen­so­riel, plai­sir sen­suel (2019).

Note d’Euphoria

Portrait très ins­truc­tif d’un homme a prio­ri peu ordi­naire mais qui repré­sente néan­moins, par son pro­fil psy­cho­lo­gique, 1 à 3 % de la popu­la­tion mon­diale et jus­qu’à 20 % dans les seuls milieux de la finance et de la poli­tique, qui concentrent par­ti­cu­liè­re­ment ce type de patho­lo­gie — laquelle serait encore beau­coup plus répan­due selon cer­tains auteurs car non diag­nos­ti­quée. Ceci sans par­ler des dégâts de son héri­tage, au niveau inter­na­tio­nal, sur les pro­ces­sus démo­cra­tiques, le fonc­tion­ne­ment socié­tal et le dia­logue social, autre­ment dit la civilisation.

La Fonction sur­cons­ciente et le sens de la vie
Jeanine Solotareff
MA Éditions | Collection ESK + 100 ques­tions | Bibliothèque d’a­na­lyse dié­lienne - Science et méthode, diri­gée par Stéphane Solotareff | 30 mai 2018
ISBN-10 : 2822405484 | ISBN-13 : 978-2822405485

L’étude de la fonc­tion sur­cons­ciente entre­prise par Jeanine Solotareff consti­tue un déve­lop­pe­ment des tra­vaux de Paul Diel. Le sur­cons­cient décou­vert par le psy­cha­na­lyste est une moda­li­té du fonc­tion­ne­ment psy­chique, radi­ca­le­ment dif­fé­rente du « sur­moi » freudien.

Alors que le « sur­moi », selon Freud, cen­sure les dési­rs que les conven­tions sociales mora­li­santes jugent répré­hen­sibles, le sur­cons­cient tel que le défi­nit Paul Diel est une fonc­tion vitale qui s’ins­crit dans le pro­lon­ge­ment de toute la pous­sée évo­lu­tive depuis ses ori­gines. Le sur­cons­cient assume la même fonc­tion, chez l’être humain, que l’ins­tinc­ti­vi­té chez les ani­maux : sau­ve­gar­der l’in­té­gri­té non seule­ment phy­sique mais psy­chique. Certes, à la dif­fé­rence de l’a­ni­mal inca­pable de déro­ger à ce que lui dicte son ins­tinct, l’être humain peut refu­ser d’é­cou­ter l’in­tui­tion sur­cons­ciente qui le pousse à s’au­to­har­mo­ni­ser ; mais il en subit alors les conséquences.

Cet ouvrage apporte une connais­sance cla­ri­fiée du savoir sur­cons­cient, qui se mani­feste le plus sou­vent de façon infor­mu­lée. Pour s’ap­pro­prier cette luci­di­té « plus-que-consciente », il s’a­git d’en deve­nir plei­ne­ment conscient. Cet ouvrage se pro­pose de répondre ain­si au besoin le plus pro­fond de cha­cun d’entre nous, celui d’une authen­tique har­mo­ni­sa­tion face aux deux erreurs vitales, la vaine pour­suite de dési­rs sans cesse mul­ti­pliés ou la quête écra­sante de l’im­pos­sible perfection.

Jeanine Solotareff étu­die dans cet ouvrage la fonc­tion sur­cons­ciente à tra­vers ses mani­fes­ta­tions dans toute leur diver­si­té : la luci­di­té sur­cons­ciente s’ex­prime sym­bo­li­que­ment dans les rêves noc­turnes, les mythes et même à tra­vers les symp­tômes psy­cho­pa­tho­lo­giques ; elle est sous-jacente dans la créa­tion artis­tique et la pro­duc­tion du savoir scien­ti­fique ; enfin, elle néces­site d’être plei­ne­ment assu­mée dans la vie quotidienne

Jeanine Solotareff, élève de Paul Diel, exerce comme psy­cha­na­lyste depuis plus d’un demi-siècle et met en œuvre la méthode intros­pec­tive dans sa pra­tique thé­ra­peu­tique. Conférencière, elle a dis­pen­sé un ensei­gne­ment public de la théo­rie dié­lienne en France, en Suisse et au Canada et a par­ti­ci­pé à des émis­sions de France Culture. Écrivain, elle a publié depuis 1979 une dizaine d’ou­vrages dans les­quels elle déve­loppe et ampli­fie les concepts dié­liens. Jeanine Solotareff a cofon­dé l’Association de Psychanalyse intros­pec­tive, dont elle a assu­ré la pré­si­dence jus­qu’en 2014.

Note d’Euphoria

Plusieurs notions évo­quées ici (ins­tance sur­cons­ciente, mul­ti­pli­ca­tion des dési­rs contra­dic­toires, vani­té, har­mo­ni­sa­tion…) exigent de connaître préa­la­ble­ment les défi­ni­tions qu’en donne Paul Diel, ayant éla­bo­ré — dans la conti­nui­té de Freud mais aus­si de Jung, d’Adler, de Kant, de Spinosa — un lexique spé­ci­fique dans le cadre de ses tra­vaux. Il faut aus­si être conscient, en abor­dant la psy­cho­lo­gie dié­lienne, d’une forme de rup­ture (non de sépa­ra­tion) à l’é­gard de ses pré­dé­ces­seurs. Les publi­ca­tions des élèves de Diel, dont évi­dem­ment Jeanine Solorateff, en font une syn­thèse claire et acces­sible. Si vous sou­hai­tez appro­fon­dir et en savoir plus sur Paul Diel et ses propres ouvrages, notam­ment Psychologie de la moti­va­tion où le sur­cons­cient est lar­ge­ment décrit, nous vous invi­tons à consul­ter cette page dédiée du Cercle Paul Diel Suisse Romande, Genève ou à nous contac­ter.

Lettres des ani­maux à ceux qui les prennent pour des bêtes
Allain Bougrain-Dubourg
Éditions Les Échappés | Collections Actualités & Lettres à | 11 jan­vier 2018
ISBN-10 : 2357661534 | ISBN-13 : 978-2357661530

Ressentir, s’émouvoir, agir en fonc­tion des évé­ne­ments est-il le propre de l’homme ou de l’ensemble des animaux ?

L’éthologie prouve, chaque jour davan­tage, com­bien le fos­sé que nous avons creu­sé entre nous et le monde ani­mal mérite d’être com­blé au fil des découvertes.

L’animal se sert de l’outil, il sait rire, tri­cher, éta­blir des stra­té­gies. Il peut faire l’amour par plai­sir, témoi­gner de la com­pas­sion sans arrière-pen­sée, soi­gner, adop­ter ou se sacri­fier dans l’intérêt géné­ral… L’indifférence à son égard s’apparente à un crime contre l’humanité, tant il est évident que nous ne sau­rions nous pas­ser de son existence.

Dans ce plai­doyer hors norme, Allain Bougrain Dubourg nous invite à consi­dé­rer les ani­maux, nos voi­sins de pla­nète, avec respect.

De nom­breuses voix se sont déjà éle­vées pour défendre la cause ani­ma­lière, mais rare­ment les ani­maux avaient pris la parole.

Il fal­lait que le cochon raconte son périple jusqu’à notre assiette — s’il n’est pas vic­time de la « cloi­son thé­ra­pie » : jeté contre un mur à sa nais­sance car jugé trop faible —, que la tor­tue explique à ceux qui jettent des sacs en plas­tique dans la mer ce que c’est d’agoniser d’une occlu­sion intes­ti­nale, que le lévrier dise à son maître qu’il ne veut pas mou­rir par stran­gu­la­tion le jour où il aura per­du une course et son maître de l’argent…

Cochon, tor­tue, lévrier, lapin, requin, orto­lan, ils sont 16 à s’exprimer à tour de rôle dans cet ouvrage.

Note d’Euphoria

Il n’y a rien à rajou­ter à la pré­sen­ta­tion de cet ouvrage pro­po­sée par l’é­di­teur, sinon que l’hu­ma­ni­té — au sens d’es­pèce et non d’une qua­li­té dont elle semble para­doxa­le­ment par­fois dépour­vue — a plus que jamais besoin de telles ini­tia­tives. En ce qui nous concerne, inté­grer ce livre à notre biblio­thèque sera, pour nous, d’un grand sou­tien dans la reprise de nos acti­vi­tés liées à l’en­vi­ron­ne­ment et à la bio­di­ver­si­té, à com­men­cer par nos soi­rées de ren­contres dès l’an­née pro­chaine… Donc pen­sez à nous qui nous effor­çons de pen­ser à notre monde et donc à vous ! Un grand merci…

Management et intros­pec­tion métho­dique
Stéphane Solotareff
MA Éditions | Collection Bibliothèque d’a­na­lyse dié­lienne - Science et méthode, diri­gée par Stéphane Solotareff | 16 août 2018
ISBN-10 : 2822405492 | ISBN-13 : 978-2822405492

Le mana­ge­ment est-il un art, une manière d’être, une pro­fes­sion ? L’auteur, qui a long­temps exer­cé comme mana­ger, cherche les res­sorts qui per­mettent d’atteindre un bon équi­libre entre diri­gisme et inci­ta­tion à la créa­ti­vi­té. Plus pré­ci­sé­ment, la démarche qu’il pro­pose consiste à tendre vers la maî­trise de soi pour mieux gui­der les autres. Basée sur la méthode intros­pec­tive du psy­cha­na­liste Paul Diel, cette démarche invite le lec­teur à prendre connais­sance des lois aux­quelles est sou­mis son fonc­tion­ne­ment psy­chique afin de pou­voir com­prendre ses réac­tions vis-à-vis d’autrui, les ana­ly­ser et les anti­ci­per. Les consé­quences sont immé­diates sur l’entreprise, sa place et son évo­lu­tion. L’auteur montre alors l’analogie entre une orga­ni­sa­tion humaine et un orga­nisme vivant.

Différent des autres ouvrages sur le mana­ge­ment, ce livre invite tout mana­ger non pas à adop­ter une pos­ture vis-à-vis de ses col­la­bo­ra­teurs, mais à acqué­rir une atti­tude inté­rieure apte à les entraî­ner dans son sillage. Il livre éga­le­ment les règles de base à ins­tau­rer pour qu’une entre­prise devienne un ter­rain pro­pice au déve­lop­pe­ment des qua­li­tés de ses salariés.

S’adressant aus­si à tout « mana­gé » sou­hai­tant com­prendre les injus­tices ren­con­trées dans le monde de l’entreprise, ce guide invite tout mana­ger à réta­blir en lui la modes­tie néces­saire à sa fonc­tion : n’oublie pas qu’en toi il y a un être humain.

Stéphane Solotareff s’est tour­né vers les sciences éco­no­miques après une for­ma­tion en phy­sique (doc­to­rat en phy­sique théo­rique) et à l’is­sue d’une car­rière riche en expé­riences humaines de mana­ge­ment. Il a ensei­gné à CentraleSupélec, à HEC, et enseigne actuel­le­ment l’é­co­no­mie et le mana­ge­ment à l’u­ni­ver­si­té de Tomsk (Russie). Stéphane Solotareff, qui a connu Paul Diel dès son enfance, a par ailleurs béné­fi­cié d’une for­ma­tion en psy­cha­na­lyse introspective.

Note d’Euphoria

Cet ouvrage est l’é­di­tion révi­sée et aug­men­tée de « La Gouvernance essen­tielle - Maîtrise de soi avec la méthode de Paul Diel ». L’auteur est le fils de Jeanine Solotareff, elle-même élève de Paul Diel et cofon­da­trice de l’Association de Psychanayse Introspective à Paris. Vous trou­ve­rez plus de pré­ci­sions dans notre note ci-des­sous rela­tive à l’ou­vrage de Jeanine Solotareff « Psychanalyse intros­pec­tive : déter­mi­nismes et libération ».

Nouvelles morales pro­vi­soires
Raphaël Enthoven
Éditions L’Observatoire | Genre Essais et docu­ments | 30 jan­vier 2019
ISBN-13 : 979-1032905104

Nous sommes mil­liar­daires en news, mais nous ne savons pas en pro­fi­ter.
Pourquoi nous sen­tons-nous gavés, au lieu d’en faire un fes­tin ?
Comment ne pas se noyer dans l’actualité ?
En pra­ti­quant la phi­lo­so­phie.
Assidûment. Et au quo­ti­dien.
Car elle donne à chaque évé­ne­ment la saveur d’une énigme – ou d’une ques­tion.
Par exemple…
Valait-il mieux, pour Harvey Weinstein, qu’il se fît prendre ou qu’il res­tât impu­ni ?
Pourquoi est-il dan­ge­reux de croire que tous les gens qui nous res­semblent pensent comme nous ?
Comment l’antique para­doxe du men­teur per­met-il de com­prendre la réac­tion de Laurent Wauquiez à l’enregistrement pirate de ses pro­pos ?
Peut-on pra­ti­quer la cen­sure au nom de la tolé­rance ?
Le cli­to­ris est-il une arme de guerre ?
Est-ce libre­ment qu’Anakin Skywalker devient Dark Vador ?
Si Dieu exis­tait, aurait-on besoin de croire en Lui ?
Etc.

Après le suc­cès des Morales pro­vi­soires, leur auteur réci­dive, démonte les idées reçues et enfonce gaie­ment son scal­pel dans la chair du monde.

Note d’Euphoria

Le ques­tion­ne­ment par nature inhé­rent à la phi­lo­so­phie inter­pelle inti­me­ment l’être humain : elle est un intense et vivi­fiant rafrai­chis­se­ment de l’es­prit, ou de l’âme. Textes, inter­ven­tions, ques­tions et échanges du phi­lo­sophe Raphaël Enthoven nous ont ain­si sou­vent ins­pi­rés dans le choix des thèmes de nos soi­rées de ren­contre. La der­nière en date avant la pan­dé­mie, le 30 août 2019, por­tait pré­ci­sé­ment sur cette inter­ro­ga­tion : « La phi­lo­so­phie est-elle un pro­duit de consom­ma­tion comme les autres ? Que nous apporte-t-elle aujourd’hui ? ». Nous avons alors choi­si deux ques­tions sou­le­vées par l’au­teur pré­ci­sé­ment dans cet ouvrage, nous sem­blant par­ti­cu­liè­re­ment actuelles : Pourquoi est-il dan­ge­reux de croire que tous les gens qui nous res­semblent pensent comme nous ? Peut-on pra­ti­quer la cen­sure au nom de la tolé­rance ? Nous n’a­vons pas encore fini de ten­ter d’y répondre.

Psychanalyse intros­pec­tive : déter­mi­nismes et libé­ra­tion
Jeanine Solotareff
MA Éditions | Collection ESK + 100 ques­tions | Bibliothèque d’a­na­lyse dié­lienne - Science et méthode, diri­gée par Stéphane Solotareff | 14 décembre 2016
ISBN-10 : 2822404941 | ISBN-13 : 978-2822404945

Sommes-nous libres, pou­vons-nous le deve­nir ? Sommes-nous sou­mis à une déter­mi­na­tion et si oui, laquelle ? Ce ques­tion­ne­ment a été celui de la phi­lo­so­phie occi­den­tale depuis qu’elle s’est éman­ci­pée du dis­cours théo­lo­gique ; il reste ouvert plus que jamais en ce début du XXIème siècle, alors que l’être humain est à la fois inten­sé­ment épris de liber­té indi­vi­duelle et dou­lou­reu­se­ment conscient de ce qui l’en sépare. Jeanine Solotareff apporte à ce débat la contri­bu­tion ori­gi­nale de la psy­cha­na­lyse intros­pec­tive, tant sur le plan théo­rique grâce à une redé­fi­ni­tion des concepts fon­da­men­taux, que sur le plan pra­tique grâce à une méthode per­met­tant de s’af­fran­chir pro­gres­si­ve­ment des déter­mi­nantes sub­cons­cientes délétères.

La liber­té est un vocable lourd de mécom­pré­hen­sion et de mal­en­ten­dus. Une liber­té d’action est pos­sible sans pour autant impli­quer une liber­té de pen­sée. Une liber­té d’esprit n’exige pas for­cé­ment une liber­té d’action. L’authentique liber­té dont il est ques­tion dans cet ouvrage est la liber­té de pen­ser, qui demande l’indépendance d’un esprit capable de se libé­rer des conventions.

Cet ouvrage évoque les prin­ci­pales bases phi­lo­so­phiques à par­tir des­quelles s’est construite la pen­sée actuelle sur la ques­tion de la liber­té. Jeanine Solotareff dis­tingue deux types de déter­mi­nismes, l’un par l’a­lié­na­tion sub­cons­ciente, l’autre — libé­ra­teur — par l’adhé­sion consciente aux intui­tions de l’é­lan de dépas­se­ment. La décou­verte par Paul Diel d’une léga­li­té du fonc­tion­ne­ment psy­chique conduit à s’émerveiller devant la léga­li­té du monde.

Jeanine Solotareff, élève de Paul Diel, exerce comme psy­cha­na­lyste depuis plus d’un demi-siècle et met en œuvre la méthode intros­pec­tive dans sa pra­tique thé­ra­peu­tique. Conférencière, elle a dis­pen­sé un ensei­gne­ment public de la théo­rie dié­lienne en France, en Suisse et au Canada et a par­ti­ci­pé à des émis­sions de France Culture. Écrivain, elle a publié depuis 1979 une dizaine d’ou­vrages dans les­quels elle déve­loppe et ampli­fie les concepts dié­liens. Jeanine Solotareff a cofon­dé l’Association de Psychanalyse intros­pec­tive, dont elle a assu­ré la pré­si­dence jus­qu’en 2014.

Note d’Euphoria

Les intui­tions de dépas­se­ment dont il est ques­tion ici — ins­tance sur­cons­ciente, esprit et élan vital — consti­tuent une notion-clé de la psy­cho­lo­gie intros­pec­tive éla­bo­rée par Paul Diel, dis­tin­guant ain­si radi­ca­le­ment sa méthode ana­ly­tique de la psy­cha­na­lyse rétros­pec­tive de Freud, outre une léga­li­té du fonc­tion­ne­ment psy­chique qui se démarque défi­ni­ti­ve­ment du pan­sexua­lisme œdi­pien. En savoir plus ici.
Jeanine Solotareff — que nous avions ren­con­trée en sémi­naires et dans le cadre de notre col­la­bo­ra­tion avec le Cercle Paul Diel Suisse Romande —, a pris sa retraite au milieu des années 2010, sa fille, son fils (Stéphane Solotareff, lui-même auteur) et ses propres élèves pour­sui­vant son œuvre notam­ment via la Bibliothèque d’a­na­lyse dié­lienne - Science et méthode, et au sein de l’API à Paris.

Regards sur l’é­vo­lu­tion - Psychanalyse intros­pec­tive
Jeanine Solotareff
MA Éditions | Collection ESK + 100 ques­tions | Bibliothèque d’a­na­lyse dié­lienne - Science et méthode, diri­gée par Stéphane Solotareff | 22 février 2017
ISBN-10 : 2822404968 | ISBN-13 : 978-2822404969

La pen­sée évo­lu­tion­niste est, ou devrait être, une évi­dence. Pourtant, elle est mise en dan­ger actuel­le­ment, notam­ment aux États-Unis, par les cou­rants les plus réac­tion­naires. Jeanine Solotareff déve­loppe ici, à la lumière de la psy­cha­na­lyse intros­pec­tive, une approche de l’é­vo­lu­tion humaine com­prise dans son enra­ci­ne­ment bio­lo­gique, en per­ma­nente recherche de l’a­dap­ta­tion bio-psy­chique la plus satis­fai­sante pos­sible. Une conti­nui­té se dégage alors, depuis l’in­ves­ti­ga­tion scien­ti­fique jus­qu’à la recherche éthique du sens de la vie.

Ce tra­vail trouve ses fon­de­ments dans le livre de Paul Diel La peur et l’angoisse. Jeanine Solotareff déve­loppe, sur cette base, une vision de l’é­vo­lu­tion condui­sant à l’espoir d’une pro­gres­sion évo­lu­tive de l’es­pèce humaine vers plus de lucidité.

Ce livre offre une réflexion sti­mu­lante sur un sujet qui rejoint une pré­oc­cu­pa­tion très concrète en ce début du XXIème siècle : com­ment conti­nuer à évo­luer dans un monde par­fois hos­tile voire dan­ge­reux ? Des orga­nismes les plus pri­mi­tifs jus­qu’à l’être humain, il s’a­git tou­jours de fil­trer les échanges avec le monde exté­rieur de façon à s’en pro­té­ger tout en s’y adap­tant, et cette concep­tion du pro­ces­sus évo­lu­tif ouvre des pers­pec­tives de solu­tion aux pro­blèmes éthiques.

Jeanine Solotareff, élève de Paul Diel, exerce comme psy­cha­na­lyste depuis plus d’un demi-siècle et met en œuvre la méthode intros­pec­tive dans sa pra­tique thé­ra­peu­tique. Conférencière, elle a dis­pen­sé un ensei­gne­ment public de la théo­rie dié­lienne en France, en Suisse et au Canada et a par­ti­ci­pé à des émis­sions de France Culture. Écrivain, elle a publié depuis 1979 une dizaine d’ou­vrages dans les­quels elle déve­loppe et ampli­fie les concepts dié­liens. Jeanine Solotareff a cofon­dé l’Association de Psychanalyse intros­pec­tive, dont elle a assu­ré la pré­si­dence jus­qu’en 2014.

Note d’Euphoria

Pour plus d’in­for­ma­tions sur les ouvrages de Paul Diel, et notam­ment La Peur et l’an­goisse, nous vous invi­tons à consul­ter cette page dédiée du Cercle Paul Diel Suisse Romande, Genève ou à nous contac­ter.

Le scan­dale des EHPAD
Hella Kherief
Éditions Hugo Document - Hugo New Life | 9 mai 2019
ISBN-13 : 979-1032905104

Une aide-soi­gnante dénonce le trai­te­ment indigne des per­sonnes âgées. Aide-soi­gnante en EHAPD, Hella Kherief a eu le cou­rage de dénon­cer à visage décou­vert ce qui se passe trop sou­vent dans ces éta­blis­se­ments : mal­trai­tance des per­sonnes âgées et manque de moyens pour le per­son­nel soi­gnant. La consé­quence de son franc-par­ler ? Son licen­cie­ment. Pourtant, elle a choi­si ce métier par voca­tion. Son témoi­gnage est étayé de nom­breux exemples. Un sujet de socié­té qui nous concerne tous car les plus de soixante ans sont plus de quinze mil­lions en France. Du dérou­lé d’une jour­née ordi­naire en EHPAD aux inter­ro­ga­tions légi­times des familles qui oscil­lent entre bien­veillance et culpa­bi­li­té, des soins et de l’at­ten­tion insuf­fi­sante pro­di­gués aux objec­tifs de ren­ta­bi­li­té du sys­tème pri­vé des EHPAD, elle aborde tous les sujets, sans tabou et avec beau­coup de sen­si­bi­li­té. Un docu­ment coup de poing qui nous invite tous à nous inter­ro­ger sur ce que nous vou­lons pour l’ac­com­pa­gne­ment des per­sonnes âgées en France.

Aide-soi­gnante en EHPAD, Hella Kherief est une lan­ceuse d’a­lerte. Ce livre a été écrit en col­la­bo­ra­tion avec France Carp, jour­na­liste-san­té, confé­ren­cière et res­pon­sable des publi­ca­tions pour la démo­cra­ti­sa­tion du savoir par les livres dans les pays en zones de conflits pour Arno Éditions (Bruxelles).

Note d’Euphoria

Plusieurs d’entre nous, pro­fes­sion­nels de san­té, conti­nuons à exer­cer notam­ment en EMS, l’é­qui­valent suisse des EHPAD fran­çais. Voilà 23 ans que cer­tains de nos béné­fi­ciaires — soi­gnants en souf­france — et nous-mêmes dénon­çons l’ag­gra­va­tion de nos condi­tions de tra­vail, les éta­blis­se­ments de soins désor­mais conduits par des ges­tion­naires admi­nis­tra­tifs obnu­bi­lés par le ren­de­ment, incons­cients des réa­li­tés du ter­rain et plus sou­cieux des coûts que de la satis­fac­tion des clients (les malades, pris en otage) et des pres­ta­taires (le per­son­nel, rem­pla­çable). De fait, la situa­tion décrite dans cet ouvrage est mal­heu­reu­se­ment iden­tique en Suisse, nous l’a­vons vécu et consta­té dans des éta­blis­se­ments médi­co-sociaux pour per­sonnes âgées, des éta­blis­se­ments d’ac­cueil de per­sonnes en situa­tion en han­di­cap et des uni­tés de soins pal­lia­tifs — ici pour deux rai­sons tra­giques et dra­ma­tiques : comme tou­jours et par­tout le pro­blème chro­nique de sous-effec­tifs, et le fait que les patients gra­ba­taires mou­rants ne puissent pas se plaindre et ne reçoivent plus de visites. En 1990, la car­rière moyenne d’un soi­gnant était de 15 ans ; elle est de 4 à 5 ans aujourd’­hui, et vise à se réduire encore suite aux vagues de Covid-19. Au manque de per­son­nel — sys­té­mique pour de funestes rai­sons finan­cières et aggra­vé par l’ab­sen­téisme — et à la ques­tion récur­rente des coûts, ren­dant chaque acte poten­tiel­le­ment dan­ge­reux (pri­ver un résident de repas parce qu’il mange trop len­te­ment et que nous n’a­vons « pas le temps » ; accor­der une couche de plus à un patient incon­ti­nent et perdre son emploi pour cela, etc.), s’a­joutent la sur­charge inhé­rente aux tâches admi­nis­tra­tives ; le manque de temps pour les soins, l’ac­com­pa­gne­ment et la pré­sence ; la non-recon­nais­sance de la péni­bi­li­té (horaires irré­gu­liers, usure phy­sique, fatigue, stress, épui­se­ment et usure psy­chique) ; la non-recon­nais­sance des com­pé­tences métier par la hié­rar­chie, l’employeur et l’État (citons le gel des annui­tés, illé­gal mais régu­liè­re­ment appli­qué) ; le har­cè­le­ment psy­cho­lo­gique qui en résulte, la souf­france au tra­vail et les ten­sions au sein des équipes ; le manque de for­ma­tions ; le manque de pers­pec­tives dans l’é­vo­lu­tion des car­rières ; les salaires insuf­fi­sants. Enfin, il y a la souf­france des usa­gers et de leurs proches, voués à l’im­puis­sance, souf­france lar­ge­ment niée, déni­grée, igno­rée par les bureau­crates et qui nous condui­ra toutes et tous, en der­nier lieu, à renon­cer à l’exer­cice de métiers dans les­quels on ne se recon­naît plus. Combien d’entre nous ont enten­du cette seule réponse lorsque nous expri­mions notre malaise : « Si vous n’êtes pas content, la porte est là… » ?

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